Les rapports faisant état de l’évolution des régimes de retraite se succèdent
depuis le milieu des années 70. Ces rapports confirment tous les mêmes difficultés rencontrées par notre système par répartition et préconisent tous, dans des proportions certes différentes, les
mêmes remèdes s’appuyant soit sur un allongement de la durée de cotisations (ou de la période de référence), soit sur une diminution des prestations (ou de leurs
valorisations).
Ces deux types de remèdes sont d’ailleurs les seuls leviers pour maintenir un
système qui a tout de même permis, rappelons-le, de verser des pensions dès le lendemain de la Seconde Guerre Mondiale pour des personnes ayant peu cotisé.
Car dans un régime par répartition, les cotisations prélevées sur les
" actifs " permettent de verser des pensions aux " anciens actifs ". La difficulté rencontrée aujourd’hui se trouve schématiquement à deux niveaux : une assiette de
cotisations trop faibles pour un volume trop important de pensions à verser. Les raisons de cet effet ciseau sont tout à la fois économiques (chômage aux deux extrémités de la période active,
faible croissance du PIB, …), démographiques (répartition des classes d’âge, insuffisance du taux de natalité, …) et politiques (immigration, politique familiale, dépenses publiques,
…).
Sur ce dernier point, les mesures annoncées sont nombreuses allant d’un retour
aux 37,5 annuités à la prise en compte de l’espérance de vie de chaque catégorie socio-professionnelle et/ou du sexe de l’intéressé. Poussé jusqu’à l’extrême, cette dernière mesure, sous couvert
d’équité, conduirait les femmes cadres à percevoir une pension viagère moins élevée qu’un homme ouvrier, alors même que sa carrière pourrait être incomplète et/ou retardée pour cause de
maternité. Ainsi, serait remis en cause le principe de solidarité nationale, garant de notre régime par répartition si cher aux Français.
Un autre train de mesures s’inscrit dans une politique d’immigration choisie.
Au-delà des aspects polémiques attachés à un sujet si sensible, l’objectif poursuivit est d’augmenter l’assiette de cotisation par accroissement de la population en activité. Cette politique,
pour être efficace, doit avoir pour corollaire une attractivité politique, fiscale, sociale et économique voire sociétale pour maintenir la main d’œuvre sur le territoire national. A défaut, nous
pourrions assister à une émigration au profit des autres pays de l’Union Européenne facilitée par la libre circulation des Hommes et des Capitaux.
Il convient cependant de souligner qu’indépendamment de ces pistes et de leurs
conséquences pratiques, nous sommes déjà confrontés à une crise inter-générationnelle. De plus en plus de Français se déclarent prêts à partir de l’Hexagone. Les raisons tiennent pour l’essentiel
au climat de sinistrose que nous traversons depuis quelques années, ce sentiment de perte de confiance dans nos atouts, alimenté par les affaires politico-économiques de ces derniers temps. Or,
l’économie est aussi et peut être avant tout affaire de psychologie et de perception.
D’autres aspects sont à prendre en considération et notamment la pression
fiscale et sociale qui pourrait s'accroître dans les années à venir du fait de l’endettement national et du poids de la charge de la dette laissée sur les générations à venir. Les retraités des
années 90 ont été peu impactés par les mesures prises pour sauvegarder la répartition tout en ayant bénéficié des Trente Glorieuses et des fruits de la dépense publique accrue. Mais, ces dépenses
ont été financées à crédit et le temps du remboursement arrive !
Si ce risque de d’émigration de la population active s’avérait, nous serions
alors confrontés à une accélération de la dégradation du rapport entre nombre d’actifs et retraités. Ce ratio devrait attendre un pour un aux alentours de 2040 d’après les démographes, chiffre à
peu près certain.
Ces éléments doivent nous conduirent à réfléchir, au sein de chaque entreprise,
défaut de la faire au niveau national ou supra-national afin de contourner ces obstacles. Parmi les mesures à prendre, se trouvent l’impérieuse nécessité d’attirer, fidéliser et motiver les
salariés. Ceci doit nous conduire à penser la rémunération autrement en s’appuyant sur l’ensemble des éléments constitutifs de la " rémunération ".
Il est en effet nécessaire, tant pour l’entreprise que ses salariés,
d’appréhender le revenu du travail au travers d’autres mécanismes que le salaire direct et les avantages en nature qui présentent un coefficient d’efficacité (net perçu par le bénéficié rapporté
au coût global pour l’entreprise) très faible.
Parmi les mécanismes à la disposition de l’entreprise,
l’Epargne Salariale constitue un des outils les plus
pertinents permettant de concilier l’intérêt du salarié et celui de son employeur. En induisant une approche en coût variable et non en coût fixe, les collaborateurs sont ainsi " assurés " de percevoir une partie de
l’amélioration des résultats de leur entreprise. Ces résultats peuvent d’ailleurs être quantitatifs ou qualitatifs, définis au travers d’un seul critère ou d’une batterie
d’indicateurs.
Pour l’entreprise, l’Epargne Salariale permet de faire face aux replis
économiques ou conjoncturelles, tout en matérialisant les effets bénéfiques résultant d’une amélioration des faiblesses structurelles au travers des critères d’Intéressement ou d’Abondement
retenus. En synthèse, l’Epargne Salariale constitue une approche " gagnant/gagnant " pour tous.
L’Epargne Salariale bénéficie, en outre, d’une perception positive de la part
des salariés comme le montre une récente étude menée au 3ème trimestre 2005 auprès de 1.000 entreprises françaises, 93% des entreprises de moins de 250 salariés ne proposent aucun
dispositif d’Epargne Salariale (sondage réalisé
par Eider-Marketing pour le compte de FONDACT, la FONDaction pour la promotion de l’ACTionnariat).
Cette enquête met en exergue les principales motivations, pour l’entreprise
ayant mis en place de la Participation et/ou de l’Intéressement.
Tableau 1 : Les
motivations
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Participation
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Intéressement
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Allègement de
charges
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26%
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60%
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Adaptations à la
stratégie de l’entreprise
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24,5%
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59,2%
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Motivation du
personnel
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21,7%
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73%
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Avantage fiscal pour le
salarié
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8,2%
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78,2%
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Tableau 2 : Perception des mécanismes
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Participation
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Intéressement
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Elément de la politique
sociale
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56%
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75%
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Association des
salariés aux résultats de l’entreprise
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58%
|
89%
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D’autres points sont également à prendre en considération :
- environ 15% des entreprises ont une perception négative de la participation
et/ou de l’intéressement ; l’Epargne Salariale bénéficie, en revanche, d’une perception positive de la part des salariés (60% des salariés interrogés considèrent que la Participation et/ou
l’Intéressement permet d’être associé aux résultats de l’entreprise ; ils ne sont que 11% pour la Participation et 14% pour l’Intéressement à considérer le
contraire) ;
- les entreprises de 100 à 250 salariés sont, en proportion, celles distribuant
le moins de participation, avec un recours quasi systématique à la formule légale pour celles en bénéficiant ;
- 35% des accords d’intéressement ont été mis en place, pour la première fois
avant 2000 (42% après) ; 3 PME sur 4 considèrent que l’arrêt du dispositif seraient très lourd pour l’entreprise ; l’Intéressement est majoritairement utilisé sans Plan d’Epargne, avec
des critères multiples et peu de recours à des aides extérieures (hormis pour l’optimisation financière du système.
Parmi les entreprises ayant mis en place un Plan d’Epargne, il s’agit dans 80%
des cas d’un PEE (contre 8% pour le PEI). 6% proposent à leur salarié un PERCO, majoritairement dans des entreprises de 100 à 250 salariés.
Pour les entreprises n’ayant mis en place ni Participation ni Intéressement,
- 38% déclarent ne connaître aucun mécanisme d’Epargne Salariale (12,4% pour le
PEE et 4,5% pour le PERCO),
- 27% confèrent à ces mécanismes des objectifs de valorisation et de motivation
du personnel, 22% un moyen de faire participer les salariés aux bénéficies de l’entreprise ; pour 12% d’entre elles, l’Epargne Salariale permet de se constituer une Epargne
Retraite ;
- 27% des entreprises interrogées mettent en avant le gain fiscal, 19% la
fidélisation des salariés et 13%, l’amélioration de la productivité.
L’Epargne Salariale est donc un outil gagnant – gagnant encore méconnu et sous
utilisé.
L’entreprise peut également explorer deux autres pistes de
" rémunération ". Ainsi, le Compte Epargne Temps permet à chaque salarié de recouvrer son autonomie dans la gestion des 35 heures et des Congés Payés. La monétarisation des droits en
fait également un outil d’épargne financière. L’autre piste réside dans les de mécanismes d’Epargne Retraite (régimes à cotisations définies et/ou à prestations définies, mais aussi le PERCO),
l’entreprise peut répondre aux attentes de ses salariés en matière de constitution de revenus complémentaires.
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