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  • J-A DIEUDONNE

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  • : 09/03/2006
  • : Epargne Collective : enjeux et perspectives
  • : Epargne Collective, Epargne Salariale, PEE, PERCO, Intéresssement, Participation, Retraite supplémentaire, article 83, article 39,Fonds de pension, Compte Epargne Temps, CET, ISR
Mercredi 7 mars 2012 3 07 /03 /Mars /2012 17:04

La part des 65 et plus devrait atteindre, en 2050, 27% de la population française (contre 17% en 2005). Cette augmentation croissante de la part de nos ainés impliquent de nombreuses conséquences, en termes tant économiques (financement des retraites, accroissement des dépenses de santé, notamment) que sociologiques (ce que l’on a qualifié de guerre des générations).

 

Les conséquences du vieillissement de la population vont bien au-delà du « simple » traitement des questions liées au vieillissement lui-même, comme l’a montré le Centre d’Analyse Stratégique lors d’un colloque intitulé « Le vieillissement de la population : un défi pour les politiques publiques » qui s’est tenu en juin 2011.

 

Parmi les changements induits, il convient de souligner la nécessité d’un re-calibrage des temps sociaux sur l’ensemble du cycle de vie, c’est-à-dire, la répartition entre temps travaillé, phases d’inactivité indemnisées, périodes consacrées à l’éducation des enfants et formation continue. Rappelons que notre système de retraite a été conçu sur la base d’une société industrielle s’appuyant sur un pacte social entre génération marqué par trois phases : un temps court de formation, un temps intense et continu de travail et un temps bref à l’issue de la vie active.

 

Aujourd’hui, dans nos sociétés post-industrielles, la donne a fortement changé. Qui plus est, il n’y a plus un « salarié » monolithique ni d’homogénéité dans l’archétype du travailleur. Chaque individu est confronté à des choix familiaux le conduisant à une paternité plus tardive ou devant faire face à des périodes d’inactivité subies.

 

De ce fait, le facteur âge ne constitue plus la (seule) variable pertinente pour gérer les différentes phases de la vie d’un individu. Il convient de faire évoluer notre pacte social fondé sur une gestion autour d’un âge pivot au profit d’une nouvelle donne intégrant la gestion du capital humain et la sécurisation des trajectoires de vie, en tenant compte du vieillissement et de l’allongement de la longévité.

 

Ces modifications démographiques ont également des impacts sur le pacte social inter-générationnel. Les risques liés au parcours professionnel et leurs impacts sur le futur niveau des retraites perçues n’ont pas été intégralement pris en compte. De sorte que les futurs retraités pourraient avoir des niveaux de pension très faibles, dénaturant de ce fait la logique contributive des cotisations versées au regard des prestations perçues.

 

Le vieillissement de la population a également d’autres conséquences économiques sur le montant et l’origine des transferts inter-générationnels. Il existe deux sortes des transferts. Le premier type essentiellement issus du financement public par l’intermédiaire de la retraite obligatoire et de la santé) est qualifié d’ascendant. Il représente déjà 18,5% du PIB et va croitre dans les années à venir. Le second (dit « descendant) est d’origine familial et privé, par l’intermédiaire des donations et des héritages. Il représente aujourd’hui 5,5% du PIB. On estime aujourd’hui qu’un quart des héritages sont perçus par des personnes de plus de 60 ans, posant ainsi le problème de la transmission du capital aux « jeunes » générations qui doivent faire face à une entrée plus tardive dans la vie active, une difficulté croissante d’accès au logement, des parcours professionnels non linéaires, ... Le vieillissement de la population peut conduire à une situation complexe dans laquelle la génération des 50-60 se trouve devoir aider ses enfants et prendre en charges ses parents dans un contexte tendu du marché du travail où le taux d’activité de cette tranche d’âge tend à diminuer. Ceci est d’autant plus sensible qu’une étude de l’OCDE montre que la famille reste la colonne vertébrale de la solidarité inter-générationnelle.

 

On voit donc le défi global auquel nous sommes confrontés et les choix politiques et sociaux auxquels nous devrons faire face, sachant que près de 7% des 65 et plus ont besoin d’une aide à domicile et que le placement en établissements spécialisés est perçu comme l’ultime solution. Parallèlement à cela, l’état des finances publics rend complexe la création de lits supplémentaires et que la création du 5ème pillier reste encore en gestation.

 

Ces éléments posent donc les bases des réponses à apporter par les opérateurs (assureurs, oéprateurs télécoms, EHPAD, maisons de retraite, assisteur, services à la personne, …) aux attentes des Français, aussi bien en ce qui concerne le vieillissement que la problématique spécifique de la Dépendance.

 

J-A Dieudonné

Par J-A DIEUDONNE - Publié dans : Dépendance
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